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10. PONENCIAS |
Dr. Nicolas VIVAS
Tonnellerie Demptos détaché à la Faculté dnologie,
Université Victor Segalen Bordeaux II
Loxygène reste lélement indispensable à lévolution du vin. Il est en effet difficile de conserver longtemps, en létat, un vin considéré comme microbiologique stable. Si létape délevage oxydative est volontairement écartée, les qualités intrinsèques du vin, révélées ou potentielles, disparaissent à un rythme souvent fonction de sa richesse phénolique. Les aquisitions nouvelles (Vivas, 1997) ont permis de mieux cerner les principaux aspects des mécanismes mis en jeu et regroupés sous le terme doxydoréduction.
Loxygène est un élément environnant qui se dissous aisément dans les moûts et les vins. Mais à linverse de lazote et du CO2, ce gaz, une fois dissous, est rapidement consommé et investi dans des mécanismes oxydoréducteurs (Vivas et Glories, 1995). Ce phénomène participe à la modification de composition et de qualité des vins. En nologie, loxygène et les phénomènes oxydatifs qui lui sont subordonnés, peuvent être des éléments favorables à lévolution du vin ou défavorables selon que les apports sont surveillés et maîtrisés (Vivas et Glories, 1993). Il est en effet étonnant de constater dans les chais, que le taux de SO2 libre et dacidité volatile sont évalués régulièrement et que le niveau des population microbiennes est estimé au moins à la fin de lélevage, avant la mise en bouteille ; mais que le dosage de loxygène dissous, pourtant à lorigine des variations de ces différents paramètres (Vivas et al., 1995), nest presque jamais réalisé. Sa mesure peut se faire instantanément à laide délectrode de Clarck, dutilisation et dentretien aisé (Vivas et al., 1992).
Durant lélevage des vins en cuves ou en barriques, les aérations doivent être considérées comme un acte nologique à part entière, au même titre que les décisions de sulfitage, de collage, de filtration, de maîtrise des températures et de la durée de lélevage. Loxygène est alors un véritable traitement puisque son action agit directement sur la composition du vin et provoque des changements appréciables de ces caractères gustatifs et aromatiques. La meilleure connaissance des sources dapport de loxygène dune part, et la réalisation de bilan objectif des apports doxygène dautre part, sont les deux premiers éléments à prendre en compte pour maîtriser les phénomènes oxydoréducteurs des vins au même titre que le contrôle de la maturation et de la vinification. Le bilan compte deux axes principaux : les apports technologiques et les apports liés au passage doxygène au travers de la paroi des récipients (Vivas et Glories, 1996 ; 1997) . Ce dernier est essentiellement valable pour lélevage en barriques. Pour un élevage en cuve, on ne prendra en compte que les apports technologiques ; en revanche pour lélevage en barriques la réalisation du bilan est plus délicate puisquil faut estimer la quantité doxygène qui pénètre dans la barrique par diffusion de gaz.
La mesure du potentiel doxydoréduction en nologie remonte au début de ce siècle avec les premiers travaux de Geloso et de Ribereau-Gayon. Avant cette période, la notion doxydoréduction était peu précise et restait du domaine des nouvelles sciences. Mais, bien que nutilisant pas cette notion, Pasteur introduisit au siècle dernier, au rang des paramètres nologiques importants, les phénomènes doxydation et de réduction dont le vin est le siège au cours de sa vie. Mais il faut attendre que la moitié de notre siècle soit écoulée pour que lO.I.V. rende officielle la mesure du potentiel doxydoréduction dans les vins et les eaux-de-vie.
Le potentiel doxydoréduction, noté EH en mV, représente une photographie instantanée de létat doxydation ou de réduction dune solution ; au même titre que le pH, qui exprime létat acido-basique du vin à un instant " t ". Le EH se mesure à laide délectrodes comme le pH et donne des résultats qualitatifs. Cependant, comme dans le cas du pH la seule valeur du EH est insuffisante, elle nécessite donc une mesure complémentaire de nature quantitative : qui est lacidité totale pour le pH et la teneur en oxygène dissous pour le EH. Nous verrons plus loin que malgré une forte similitude entre ces deux grandeurs physico-chimiques, le parallèle sarrête là. Lintérêt croissant de la notion doxydoréduction dans les vins trouve ses racines dans les deux grandes révolutions nologiques. Au tout début de notre histoire vinicole, lart et la manière de faire le vin visaient uniquement la production dune boisson alcoolisée colorée, franche de goût et dodeur ; le vin consommé dans lannée ne devait pas être oxygéné, lnologie était " réductrice ". Après la première révolution nologique initiée par Pasteur, sest imposée une nologie curative, visant à se prémunir des contaminations microbiennes. Dés lors on pouvait utiliser loxygène sans réserve, dautant plus facilement que Pasteur lui même prétendait que " cest loxygène qui fait le vin ; cest par son influence quil vieillit ", une nologie " oxydative " sest développée. Mais les odeurs dévents, doxydé et la chute rapide de la couleur des vins rouges ou le brunissement des vins blancs ont montré les limites dune telle pratique appliquée dans toute sa rigueur. Lors de la deuxième révolution nologique, initiée par Ribereau-Gayon et reprise par lécole Bordelaise quil créât, on a vu se développer une nologie préventive permise par la généralisation de lemploi dantiseptique et dantioxydant (SO2, ac. ascorbique, ac. sorbique, ), de règles dhygiène et de lavènement dune microbiologie du vin. Cest à la même période que la notion doxydation ménagée, dont nous établissons actuellement les bases objectives de sa caractérisation, a été avancée. On peut définir cette troisième nologie dnologie de compromis dans laquelle on utilise de façon raisonnée la réduction et loxydation. Le développement des techniques dhyperoxygénation, de remontage des cuves en fermentation à lair ou à lazote, de conservation sous gaz inerte, de bullage ou de microbullage en cuve de conservation, de soutirage contrôlé des vins en barriques, de mise en bouteille sous gaz neutre, en sont les preuves. Pour toutes ces technologies, la mesure du potentiel doxydoréduction reste primordiale pour contrôler leffet du traitement et des conditions de son application sur létat du vin. Aujourdhui encore la généralisation de cette mesure reste à faire et son assimilation parmi les analyses nologiques de routine demande un long travail dapprentissage.
Si en phase fermentaire loxygène apporté a une destination essentiellement biologique (activité fermentaire des levures), en revanche durant lélevage elle est principalement chimique (réactions doxydoréduction). Mais loxygène ne peut pas être dispensé à discrétion, car ses effets sont souvent négatifs, si lon ny prend pas garde. Un certain nombre de règles doivent être connues avant de pratiquer des oxydations. Lapplication de tout procédé daération ou doxygènation doit impérativement etre considéré comme un traitement, présentant des risques inhérant aux doses demploi.
Loxygène est un gaz qui se dissous rapidement dans leau en fonction de la température. De plus sa solubilité pour une température donnée est comparable dans leau pure et dans diverses solutions hydroalcooliques comme le vin (figure 1). La présence de substances colloîdales dans les vins favorise largement la cinétique de solubilisation (tableau 1). Mais le plus important est de souligner que lorsque loxygène gazeux est en solution dans un vin, par des réactions connues de transfert (Vivas, 1997), il nest pas possible de len chasser. Donc si lon ny prend pas garde toute dose excessive doxygène aura des effets nefastes irrémédiables sur la composition et la qualité des vins.
Loxygène nest pas un composant naturel des vins, et son ajout provoque sa consommation par oxydation des constituants oxydables du vin jusquà sa complète disparition.
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Figure 1. Influence du milieu sur la valeur de saturation en oxigène dissous (SM) en fonction de la température.
Tableau 1
Influence du milieu sur le temps nécessaire pour atteindre le seuil de saturation en oxigène dissous. (expériences conduites en enceite thermostaté : 30º C, 760 mm Hg, gaz N2/O2 80/20 v:v, débit de gaz 40 ml/min, agitation du liquide 100 rpm, manipulation sous N2 RP)
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Figure 2. Influence de quelques composés phénoliques du raisin sur la décoloration d'une solution d'anthocyanes libres. Al, anthocianes libres; Po, procyanidines oligomères.
Enfin, il convient de rappeler que la puissance oxydative de lélément oxydant dépend de sa nature. Ainsi loxygène activé sous forme de peroxyde (H2O2) est 100 fois plus oxydant que loxygène moléculaire (O2), lui même 10 fois plus oxydant que loxygène dilué dans du gaz azote (N2/O2, 80/20 v:v).
Tableau 3
Influence de la consommation d'oxigène sur le degré de condensation de solution de catéchine, de procyanidines oligomères, et de procyanidines polymérisées. "(degré de condensation estimé par la méthode au DMACH;" "l'apport total d'oxigène est de 18 mg/l ; analyses réalisés après 15 jours)"
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poligomères |
polymérisées |
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De nombreux travaux conduits en conditions modèle, peuvent être résumés en quatre points :
Les procyanidines du raisin et du vin possèdent un effet protecteur très prononcé à légard des anthocyanes. En présence de tanins, une solution danthocyanes soumise à loxydation par loxygène de lair en présence de traces de cuivre se décolore très lent ment ; en comparaison, une solution ne contenant que des anthocyanes est décolorée en quelques jours (figure 2).
Les flavanols dune solution aérée régulièrement sont soumis à une oxydation à lorigine du jaunissement de la solution ainsi quà une polymérisation par lintermédiaire de ponts éthanal, produits issus du processus oxydatif. Si lexpérience est conduite suffisament longtemps, ces formes polymérisées précipitent indiqué par la diminution du degré de condensation moyen des tanins restés en solution (tableau 2);
La supplémentation des vins en éthanal est à lorigine dun bon nombre de réactions se produisant lors de loxydation du milieu après aération (tableau 3).
Tableau 3
Influence d'une supplémentation en éthanal sur les composés phénoliques des vins rouges. (analyse réalisées après 3 mois)
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| Ethanal consommé (mg/l) |
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| d* |
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| Teinte |
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| Anthocyanes totales (mg/l) |
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| Tanins totaux (LA) (g/l) |
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Indices (%) :
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* polyphénols totaux (D.O. 280 mm)
# Intensité colorante (&Mac183;420, 520, 620 mm)
420/520
Sur deux vins jeunes, nous réalisons au laboratoire un essai délevage. Lexpérience comprend deux types délevages un sous azote, lautre avec des aérations tous les mois (5 mg doxygène/l). La conservation des échantillons avant analyse dure 12 mois à 20°C avec 20 mg/l de SO2 libre et de 100 mg/l de NaF pour inhiber le développement de microorganismes. Les résultats sont portés sur le tableau 4. Les aérations successives ont permis aux vins de recevoir 60 mg doxygène/l en 12 mois. Les vins conservés sous azote ont par rapport aux analyses de départ peu évolué, contrairement aux lots aérés tous les mois qui ont subit de profondes modifications en relation avec la structure des tanins. Dans les deux cas retenus pour illustrer ce propos, laération des vins est à lorigine de laugmentation du degré de condensation des tanins et de leur structure colloïdale (respectivement représentée par lindice HCl et lindice de dialyse) et une diminution importante de leur astringence (indice de gélatine). Ces modifications classiques sont couramment observées lors de lélevage des vins en cuves avec des aérations répétées. Cependant, si les oxygénations sont trop longtemps pratiquées une partie des tanins précipite car trop polymérisés pour demeurer en solution dans les vins (indice HCl > 30 et indice de dialyse > 35) ; dans ce cas lastringence peut augmenter.
Il en ressort que les aérations peuvent être bénéfiques à la seule condition quelle soit maîtrisée et controlée rigoureusement.
Loxydation ménagée représente un ensemble combiné de processus se déroulant simultanément qui permet au vin de bénéficer des processus oxydatifs sans atteindre le seuil des oxydations brutales. Cest ce qui se déroule naturellement en barriques et qui actuellement fait lobjet de techniques mimant ces réactions. Le principe de loxydation ménagée est basé sur le fait que des oxydations de faible intensité réparties sur une longue période sont toujours préférables à de courtes et violentes aérations. Pour cela, il faut associer autant que faire ce peut les facteurs de loxydation à ceux de la réduction tel quon les retrouve en barriques (figure 3).
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Figure 3. Intérêt de l'élevage en barrique.
Loxydation ménagée par rapport aux oxydations violentes peuvent être comparables (Vivas 1997). Il en ressort quen barrique, le EH est en moyenne toujours plus élevé quen cuve, ceci sexplique à la fois par la présence dellagitanins participant à lélévation du EH (Vivas, 1995) et par la pénétration lente et continue doxygène. Dans ce cas le vin évolue lentement en conditions oxydatives. En cuve au contraire, labsence quasi totale doxygène provoque de profonds phénomènes de réduction, ce qui rend le vin très sensible aux aérations. Lors de la saturation en oxygène de ces deux milieux, on observe les réactions suivantes :
Lelévation brutale du EH en cuve est plus limité en barrique, se traduit par une rapide consommation de loxygène des vins en cuve. Les réactions oxydatives sont massives et provoquent souvent, si elle sont répétées, une destruction partielle de la couleur et une précipitation des formes de tanins les plus condensés.
En barrique, la présence dellagitanins en solution limite la part des composés du vin oxydé. Les lies présentes et le trouble du vin surtout dans les premiers mois de lélevage limite sensiblement lélévation du EH et ralentissent les oxydations. Le vin évolue donc vers une stabilisation de sa couleur et une amélioration de la souplesse des tanins. En effet, les tanins se condensent plus lentement et les précipitations restent limitées.
Cest ainsi, que les procédés daération devront répondre de façon satisfaisante à ce type de schéma pour présenter une réelle avancée technologique.
Des expérimentations renouvelées à plusieurs reprises ont toutes démontré, de façon plus ou moins nette, les effets favorables de la conservation en barrique pour stabiliser le vin sous ses différents aspects (VIVAS et al., 1991). Généralement lélevage des vins rouges en barriques neuves permet un renforcement de sa couleur ainsi que sa stabilisation sous formes de combinaisons avec les tanins du raisin. En fait la plus grande part de la couleur après 1 an délevage est représentée par ces formes stables qui assurerons une longévité de la couleur en bouteilles. Au contraire, en cuve, laugmentation de lintensité colorante reste modeste, peu de combinaisons TA sont formées (60% contre 85% en barriques neuves) et, en bouteilles, on observe une augmentation de la teinte traduisant le développement prématuré du tuilé. En barriques de 5 ans les résultats sont situés entre ces deux précédant modes de logement. Les effets oxydoréducteurs se sont progressivement amenuisés ; ils persistent cependant. Mais dautres risques sont alors à craindre. Les tanins subissent également des changements importants. Loxydation ménagée permet la formation déthanal jouant alors le rôle de pivot de condensation entre les tanins ; leur degré de condensation augmente et leur astringence diminue dans la plupart des cas. Là encore, lutilisation prolongée de barriques usagées diminue peu à peu les phénomènes doxydoréduction, se traduisant par la diminution du potentiel doxydoréduction suivie fréquemment par la chute de la teneur en oxygène dissous (figure 4). Ces résultats sont aujourdhui classiquement admis (VIVAS et GLORIES, 1993).
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Figure 4. Incidence du récipient sur la teneur en oxygène dissout et sur le potentiel d'oxydoréduction moyen de vins rouges.
Mais en plus dun état doxydation différent les écarts sont aussi liés à la présence dellagitanins en solution. Ces molécules provenant du bois sont, et de beaucoup, plus oxydables et des antiradicalaires plus performants que les tanins du raisin (Saint-Cricq de Gaulejac et al., 1998). Ces propriétés leurs confèrent des effets très particuliers (figure 5) :
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Figure 5. Quelleques propriétés remarquables des ellagitanins. Comparaison avec les proanthocyanidines du raisin. Expériences conduite dans un vin rouge de l'annés (Merlot noire).
Les ellagitanins augmentent seuls le potentiel doxydoréduction sans nécessiter doxygène dissous (Fig. 5a). Ils rendent ainsi le milieu plus oxydable et favorise lensemble des réactions doxydation.
Les ellagitanins en captant massivement les radicaux libres protègent les constituants du vin des effets brutaux dune oxydation radicalaire (fig. 5b)
Les ellagitanins ont la capacité de capter loxygène pour linvestir dans de très nombreuses réactions. Ils possèdent une vitesse de consommation de loxygène très rapide, supérieure à celle des tanins du raisin (fig. 5c).
Ainsi ces divers propriétés fondamentales conduisent à la dégradation des thiols nauséabonds et réduisent pour une part le caractère réduit des vins (fig. 5d). En outre, ils assurent une évolution favorable de la couleur en laissant une large part aux nuances rouge et mauve-bleu, donnant au vin une coloration plus intense, plus sombre et plus profonde (fig. 5e). Enfin, ils assurent grâce à la formation déthanal, consécutive à la consommation de loxygène, laugmentation du degré de condensation des tanins du raisin diminuant leur astringence (fig. 5f).
Un des aspects important de la réutilisation des fûts concerne la pérennité des apports du bois aux vins. En dosant les composants spécifiques du bois on peut formuler différentes observations valables dans le cas dun séchage naturel (figures 6 et 7). Lapport dellagitanins, dont les rôles fondamentaux lors de lélevage ont été rappelés, ne présente pratiquement plus defficacité après 3 ans. Essentiellement parce que leur teneur est alors devenue insuffisante. Il est important de noter que la chauffe peut modifier les courbes dapports. En chauffe forte, même si les teneurs dans les couches brûlées sont faibles, lapparition de nombreuses microfissures à la surface des douelles permet sur la durée une libération plus grande de ces tanins. La principale explication est une meilleure accessibilité du vin dans la masse du bois. Nous avons très souvent observé ce phénomène. Les composés odorants se comportent différemment selon quils ont pour origines le bois ou la chauffe. Les arômes du bois se libèrent régulièrement et peuvent participer significativement à larôme des vins pendant 3 à 4 ans. En revanche, les arômes de chauffe localisés seulement dans les 3 premiers millimètres des douelles exposés au brûlot. De ce fait, au delà de 2 ans peut de caractères de chauffe marquent le nez des vins.
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Figure 6. Evolution des apports d'ellagitanins aux vins au cours de la réutilisation de barriques.
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Figure 7. Evolution des apports en composés odorants aux vins au cours de la réutilisations de barriques.
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Figure 8. Incidence du môde d'affinages des bois sur l'évolution des apports du bois aux vins au cours de la réutilisation des barriques.
Mais un paramètre reste à considérer, il sagit du mode daffinage du bois (figure 8). Il est facile de constater que des bois traités rapidement par lessivage conduisent à des douelles épuisées en divers extractibles positifs ou négatifs. Alors quun séchage naturel correctement conduit, permet de maintenir les apports du bois aux vins même après la première année dutilisation. Des résultats de dégustations renouvelées de nombreuses fois dans tous les vignobles mondiaux dimportance, confirment ce fait. Il est certain que le boisé est parfois brutal la première année puis satténue dans le temps. Mais on pratique souvent des assemblages et 100% barriques neuves est peu fréquent, il est réservé aux vins les plus riches, présentant des équilibres satisfaisants et un potentiel damortissement remarquable. Enfin, on ne doit jamais juger de la qualité du boisé avant 6 mois délevage au minimum.
Optimisation de la durée dutilisation des barriques et mise au point sur les divers modes de réconditionnement
Il existe de nombreuses techniques permettant de régénérer les barriques. En réalité, une barrique usagée subit de profondes modifications de composition, qui sont irréversibles. Dans ce contexte tout essai de reconditionnement parait souvent illusoire. La meilleure des techniques consisterait à changer une partie du bois usagé par du bois neuf : changement des fonds et de quelques douelles ; mais alors le surcoût de lopération la rendrait vite peu rentable.
Les méthodes de reconditionnement employées fréquemment sont le grattage du fût, éliminant la couche de bois tachée par le vin, suivi parfois du rebrulage. Le grattage permet en effet daugmenter certains des apports du bois aux vins, cependant les oxydations ayant lieu dans la masse des douelles ne redonnent pas les résultats dun fût neuf (tableau 5). En revanche, le rebrulage nest pas une opération satisfaisante. Les substances contenues dans les 5 litres de vin quune barrique de 225 l peut renfermer sont pyrolysées au cours de cette phase; il saccumule alors des méthylphénols et des diméthoxyphénols conférant aux vins qui sera logé dans ce fût des caractères de bitume et de caoutchouc brûlé. Ces odeurs sont regroupées sous le terme de "cramé".
Il savère donc que la meilleure technique dutilisation de barriques usagées se résume en 3 points :
Se constituer son propre stock de barriques usagées pour ne pas risquer faire entrer des éléments à risque potentiel;
Faire autant quil est possible une rotation du vin de sorte que les barriques restent le moins longtemps vides;
Dégorger systématiquement pendant plusieurs jours les barriques usagées avec une eau sulfitée avant leur emploi si elles sont restées vides quelques mois. Puis pratiquer un sulfitage par voie gazeuse du fût bien égoutté (méchage ou gaz S02).
Tableau 4
Influence du mode conservation des vins sur leur teneur en composés phénoliques totaux (d), en tanins (LA) et sur leurs structures (indices). "(analyses au début de l'expérience, t0 ; analyses après 12 mois, t+12 mois)"
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Dialyse |
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t0
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t+12 mois :
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N2
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O2
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| 2 |
t0
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17 |
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t+12 mois :
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N2
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O2
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17 | 28 | 30 |
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en %
Tableau 5
Incidence
du grattage des barriques et du rebrulage eventuel sur
les apports du bois aux vins
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| Ellagitanins (mg/l) |
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| Dérivés furaniques (mg/l) |
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| Méthyloctalactones (µg/l) |
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| Eugenol (µg/l) |
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| Vanilline (µg/l) |
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Méthylphénols
(µg/l)
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traces